Inspirer la démocratie
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Série d'ateliers « Inspirer la démocratie »
Rapport sommaire – Québec, les 18 et 19 septembre 2014

Le septième atelier « Inspirer la démocratie » s'est tenu les 18 et 19 septembre à Québec (Québec). L'atelier visait à aider des organismes jeunesse à comprendre le déclin de la participation citoyenne des jeunes, à leur fournir des outils pour résoudre ce problème, et à les encourager à prendre des mesures concrètes pour s'assurer que les jeunes sont prêts à voter à l'élection générale de 2015.

En tout, 19 représentants de 14 organismes ont participé à l'atelier (voir la liste des organismes participants en annexe). Tout au long de l'atelier, ils ont participé activement aux discussions sur les causes du déclin de la participation et sur les mesures pouvant être prises par les organismes afin de raviver l'intérêt des jeunes pour la vie citoyenne et démocratique.

Voici un résumé de l'atelier. Les rapports sur les ateliers tenus jusqu'à maintenant se trouvent sur le site Web d'« Inspirer la démocratie », sous l'onglet Événements. Un rapport final sur la série d'ateliers sera publié en 2014.

Jour 1 : Le jeudi 18 septembre

Miriam Fahmy discute les obstacles à l'engagement civique
Miriam Fahmy discute les obstacles à l'engagement civique

Les participants ont commencé par définir la participation citoyenne des jeunes et déterminer les obstacles qui empêchent ces derniers de participer pleinement à la vie citoyenne. Miriam Fahmy, de l'Institut du Nouveau Monde (INM), a présenté une vue d'ensemble de la participation citoyenne.

Deux principaux points ont été soulevés :

  • Selon l'INM, la participation citoyenne est l'exercice et l'expression de la citoyenneté au moyen d'une participation active sur les plans social, public et électoral. La participation sociale se reflète dans les activités quotidiennes des citoyens, la participation publique a lieu là où les décisions publiques sont prises, et la participation électorale se rapporte aux processus politique et de vote.
  • La participation citoyenne ne se limite pas aux élections et au processus de vote : c'est un mode de vie. Elle est déterminée par un certain nombre de facteurs, tels que la culture, les valeurs, l'éducation, les finances personnelles et les réseaux sociaux.

 Les participants cernent les solutions à la désengagement citoyenne
Les participants cernent les solutions à la désengagement citoyenne

Après la présentation de Miriam Fahmy, le groupe a discuté des obstacles à la participation citoyenne, notamment les suivants :

  • Absence d'une culture citoyenne à la maison et dans les écoles : Les parents, les enseignants et les jeunes leaders n'ont pas toujours l'expertise nécessaire pour discuter de participation citoyenne ou le temps de le faire. Les jeunes ne peuvent pas apprendre à prioriser la participation citoyenne s'ils n'ont pas de modèle de comportement à cet égard.
  • Stéréotypes associés aux jeunes : Si les adultes et les dirigeants des collectivités entretiennent des préjugés à l'égard des jeunes, ces derniers n'auront pas l'impression qu'ils doivent participer ou qu'ils sont invités à le faire.
  • Priorités concurrentes : Entre l'école, les emplois et les activités parascolaires, certains jeunes croient peut-être qu'ils n'ont pas le temps de devenir des citoyens actifs. Le processus électoral pourrait mieux tenir compte de ces contraintes de temps.
  • Manque réel ou perçu de pertinence des enjeux pour les jeunes : Comme les questions d'intérêt public ne sont pas toujours abordées dans le contexte des jeunes, ceux-ci ne s'intéressent pas toujours aux débats publics. Cela crée un cercle vicieux : les jeunes ne participent pas aux conversations, alors les dirigeants n'établissent pas le contact avec eux.
  • Processus de vote considéré comme inaccessible par les jeunes : Qu'il s'agisse du processus de vote ou du langage utilisé par les personnalités publiques, les participants estimaient que le vote n'est pas accessible aux jeunes.

Séance en après-midi

Élections Canada (Miriam Lapp) a fait une présentation sur les conclusions des recherches sur la participation des jeunes au processus électoral.

  • En ce qui concerne le vote, les études montrent que les jeunes se heurtent à des obstacles d'accès et de motivation. Les organismes peuvent prendre des mesures pour aider les jeunes à surmonter ces obstacles.
  • Les participants ont demandé comment l'éducation civique pourrait aller au-delà d'un cours au secondaire. Miriam Lapp a convenu qu'il est important d'étendre l'éducation civique sur une plus longue période de temps, ainsi que de joindre les jeunes à l'extérieur du contexte scolaire officiel.

L'INM (Miriam Fahmy) a fait une présentation sur la façon de surmonter les obstacles à la participation des jeunes.

  • Miriam Fahmy a présenté les différents programmes de participation citoyenne qu'offre l'INM et les leçons que l'organisme a apprises. À l'issue de ses travaux, l'INM a proposé que le vote soit considéré comme un « rite de passage civique ». Cette proposition, qui vise à alimenter les discussions et les débats, comprend cinq réformes complémentaires :
  • la mise en œuvre d'un cours d'éducation civique en 9e année (3e année du secondaire) à l'échelle nationale;
  • le droit de vote à 16 ans;
  • un service civique volontaire pour les jeunes de 16 à 24 ans;
  • l'institution du vote obligatoire, ce qui comprend la possibilité du vote blanc;
  • l'instauration d'un mode de scrutin partiellement proportionnel.
  • Pendant la discussion en groupe qui a suivi, les participants ont convenu qu'il faudrait apporter d'importantes modifications au processus électoral afin de rendre la participation citoyenne plus intéressante pour les jeunes. Le système doit être plus inclusif et accessible.

Jour 2 : Le vendredi 19 septembre

Le deuxième jour de l'atelier prévoyait des présentations et des discussions sur les pratiques exemplaires en matière de participation citoyenne et sur les mesures pouvant être prises par les organismes pour favoriser la participation des jeunes.

Séance en matinée

Des moyens efficaces pour augmenter la participation électorale des jeunes (présentations des intervenants)

Élie Belley-Pelletier, Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec (TCFJRQ)

  • Élie Belley-Pelletier a parlé de l'utilisation de campagnes de communication visant les jeunes. La TCFJRQ a déjà organisé diverses campagnes de sensibilisation auprès des jeunes et a constaté, entre autres, que les médias sociaux peuvent constituer un outil efficace pour exercer une pression sociale qui amènera les jeunes à agir.

Francis Sabourin, Électeurs en herbe

  • De 2009 à 2014, Électeurs en herbe a joint plus de 300 000 jeunes au Québec grâce à des élections parallèles dans les écoles et à des programmes d'éducation civique connexes. Souvent, les résultats du vote des jeunes aux élections parallèles ressemblaient beaucoup aux résultats des véritables élections. Francis Sabourin a encouragé les participants à susciter l'intérêt des jeunes pour les enjeux des campagnes en les invitant aux débats des candidats et en les incitant à participer.

Jonathan Bouchard et Alexis Tremblay parlent de la FEUQ et FECQ
Jonathan Bouchard et Alexis Tremblay parlent de la FEUQ et FECQ

Jonathan Bouchard, Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), et Alexis Tremblay, Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

  • Les représentants de la FEUQ et de la FECQ ont discuté de l'importance de rendre le processus de vote accessible aux jeunes. Jonathan Bouchard et Alexis Tremblay appuient la mise en place de bureaux de scrutin sur les campus et les publicités électorales à l'intention des jeunes. Ils espèrent que les politiciens commenceront à porter davantage attention aux jeunes alors que ceux-ci s'intéressent et participent davantage au processus politique et deviennent plus informés à ce sujet.

Ilona Dougherty, L'apathie c'est plate

  • L'apathie c'est plate, un organisme national, a réussi à joindre plus de 5 000 jeunes de 2008 à 2013. À la suite de discussions approfondies avec les jeunes, l'organisme a conclu qu'il faut accorder davantage d'attention à ceux qui ne participent jamais et qu'il est important de ne pas supposer que les jeunes ne s'intéressent pas à la politique.

Monica Rosales, Directeur général des élections du Québec (DGEQ)

  • Monica Rosales a parlé du rôle que jouent les conseils étudiants pour mobiliser les jeunes. Le DGEQ travaille avec des écoles partout au Québec. Cette institution recommande aux conseils étudiants d'utiliser des plateformes Web non seulement pour établir des contacts au sein de leurs propres groupes, mais aussi pour joindre d'autres groupes qui font un travail semblable.

Activité participative : Points de vue des participants sur les moyens efficaces de mobiliser les jeunes

Après les présentations des intervenants, les participants ont été appelés à faire un remue-méninges pour trouver des moyens efficaces d'accroître la participation citoyenne des jeunes. Les suggestions comprenaient ce qui suit :

  • Organiser et promouvoir des campagnes d'inscription des jeunes électeurs, en particulier dans les endroits que fréquentent souvent les jeunes.
  • Réduire au minimum les obstacles administratifs auxquels les candidats se heurtent afin d'accroître la participation à tous les débats des candidats.
  • Favoriser une culture sociale centrée sur le vote et la participation citoyenne.
  • Veiller à ce que les ressources d'éducation civique et les renseignements sur les élections soient facilement accessibles. Lorsque les gens connaissent mieux les enjeux, ils sont plus susceptibles de voter.
  • Réduire les obstacles auxquels les étudiants se heurtent lorsqu'ils votent à l'extérieur de leur circonscription.
  • Utiliser les médias sociaux et des campagnes en ligne pour cibler les jeunes, sans toutefois recourir uniquement à ces méthodes, car leur efficacité peut s'avérer difficile à mesurer.
  • Visiter les écoles pour informer et inscrire les jeunes.
  • Mettre en œuvre une plateforme Web contenant tous les renseignements sur les élections ainsi qu'un outil sur l'état de l'inscription des électeurs.
  • Mettre en place des bureaux de scrutin sur les campus.

Les participants discutent des gestes qu'ils peuvent poser
Les participants discutent des gestes qu'ils peuvent poser

Activité participative : Encourager les jeunes à agir! Actions et stratégies à mettre en place pour les prochaines élections

Les participants ont discuté de mesures qui peuvent être prises pour accroître la participation des jeunes pendant l'élection générale de 2015 ainsi que de façon générale. Les organismes ont recommandé les mesures suivantes ou se sont engagés à les mettre en œuvre :

  • Tenir, en plus des débats des chefs, des séances de consultation où l'on peut discuter des enjeux directement avec les candidats.
  • Communiquer avec les jeunes directement et encourager les dirigeants des collectivités à faire de même.
  • Organiser des ateliers axés sur les jeunes pour leur permettre d'accroître leur sens civique et leurs connaissances à cet égard.
  • Établir des partenariats entre des groupes autochtones et sensibiliser les membres de ces communautés à l'importance de leur vote.
  • Veiller à ce que les jeunes puissent utiliser diverses sources de renseignements sur l'inscription et les élections (p. ex. des publicités à la radio, à la télévision et dans les journaux, ou des rencontres directes). Offrir gratuitement des sources d'information sur les campus.
  • Encourager les jeunes à vérifier l'état de leur inscription en ligne.
  • Produire des ressources simples et adaptées aux jeunes.

Les participants ont indiqué avoir besoin des outils ci-dessous pour soutenir ces activités :

  • des partenariats avec d'autres groupes qui mènent des activités de sensibilisation auprès des jeunes;
  • des ressources de base qui expliquent où, quand et comment voter;
  • un accès à des ressources d'éducation civique gratuites et adaptées aux jeunes;
  • un financement;
  • davantage de recherches et de ressources d'éducation civique visant les groupes de jeunes sous-représentés (p. ex. les jeunes Autochtones).

À la fin de l'atelier, Miriam Lapp, directrice adjointe du Rayonnement à Élections Canada, a réitéré l'engagement de l'organisme à établir le contact avec les jeunes afin de s'assurer qu'ils savent comment s'inscrire et voter à l'élection fédérale de 2015. Elle a souligné l'importance de créer une communauté pour la participation citoyenne et de collaborer en vue de favoriser la participation des jeunes avant l'élection de 2015. Les participants ont été invités à transmettre leurs commentaires à Élections Canada sur le site Web.

Annexe : Liste des organismes participants

  • L'apathie c'est plate
  • Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures
  • Carrefour jeunesse-emploi de la MRC de Montmagny
  • Directeur général des élections du Québec (DGEQ)
  • Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ)
  • Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
  • Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)
  • Forum jeunesse de la région de la Capitale-Nationale
  • Électeurs en herbe
  • Forum jeunesse régional Chaudière-Appalaches
  • Institut du Nouveau Monde
  • Regroupement Action Jeunesse 02
  • Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec (RCAAQ)
  • Réseau jeunesse des Premières Nations du Québec et du Labrador
  • Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec (TCFJRQ)